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De la Résilience, ou lorsque le Burn-out est cet ami qui nous veut du bien.


Résilience, la capacité à se relever et à se reconstruire au delà d'un trauma.

Résilience. Voilà un mot qui émerge, qu’on voit de plus en plus apparaître et qui fait référence à la capacité d’un être à faire face à un traumatisme, à mobiliser ses forces et ses ressources pour en sortir et se relever malgré l’importance des blessures et de la destruction intérieure causées par l’épreuve douloureuse subie.


Ce sujet de la Résilience s’est imposé à moi alors que je rédigeais l’article sur le Déni dans le cadre de l’épuisement professionnel.

Mes premiers réflexes pour l’écriture sur le sujet étaient de faire des recherches sur le thème, d’identifier l’essence du concept selon la vision de Boris Cyrulnik, celle d’autres approches comme le Kintsungi des japonais ou même la vision métaphorique et mythologique de Phoenix qui renaît de ses cendres.


Mais penser, réfléchir à la résilience m’a ramené incontestablement à la mienne. A celle qui m’a permise de me relever et de considérer finalement mon burn-out comme un ami qui me voulait du bien.


La Reconnaissance

Comme beaucoup, j’ai rencontré des difficultés à reconnaître et à admettre que je souffrais d’épuisement professionnel. Mais cet aveuglement a fini par sauter un matin d’hiver 2016 alors que je recevais en mon bureau 2 salariées en consultation. L’une et l’autre verbalisaient une souffrance au travail et manifestaient son impact sur leur état de santé physique, psychique et émotionnel.


En « bonne » professionnelle, je leur disais alors « mais que faites-vous encore dans votre entreprise. Il est temps de penser à vous, à votre santé. » C’est ainsi qu’une petite voix (qui me semblait parler haut et fort tout de même pour que je la remarque et l’entende) me disait : « Et toi ? Et si tu étais cohérente avec ce que tu dis à cette personne ? Et si tu t’occupais enfin de toi et de ta santé ? Arrête de négocier ! »


En posant le questionnement à ces 2 personnes, c’est comme si je mettais le projecteur sur ma propre souffrance au travail. Je ne pouvais plus continuer à me leurrer, à être dans le déni. Cette souffrance était dès lors au-devant de la scène. Il fallait le reconnaître, l’accueillir et l’accepter.


L’accueil et l’acceptation

Le chemin vers la résilience nous mène sur différentes phases. Phases qui peuvent s’intriquer lors de notre montée dans la spirale ascendante de la résilience. La 1ère d’entre elles est celle de l’accueil et de l’acceptation.


Développer sa résilience implique l’accueil, sans jugement, de cette expérience, de la souffrance. Accueillir ce qui est, même les situations les plus désagréables, celles qui causent des souffrances et des inconforts. Cela invite au lâcher-prise, à convenir et à accepter qu’on ne maîtrise pas tout.


Or, j’étais une personne qui était dans l’action - aujourd’hui je dirai même qui se réfugiait dans l’action – pour maîtriser tous les aspects de sa vie afin de ne pas souffrir.

Mais ce jour de février 2016, il a bien fallu lâcher prise et accueillir l’appel de cette part de moi qui était en souffrance, après quelques mois de déni et de négociation.

L’accueil, libre de tout jugement, mène inexorablement à la phase d’acceptation. Accepter la situation, sa fragilité, sa souffrance et sa vulnérabilité, son effritement, sa brisure, sa cassure ; le fait d’être éclaté en 1000 morceaux. Accepter comme le disait Shakespeare que « ce qui est fait ne peut plus être défait ». Accepter la douleur. Accepter d’avoir mal jusqu’au fond de ses tripes. Accepter sa défaillance et ses failles.


Être dans le lâcher-prise et accepter sa perte de maîtrise, de perdre sa perfection (du moins celle qu’on cherche à atteindre) était difficile pour moi. Or cette expérience, aussi douloureuse était-elle, recelait sa part de sagesse pour moi. Sagesse qui nécessitait de la patience et du lâcher-prise pour y accéder. Tel un brouillard qui se lève, ma vision de la situation était devenue plus distanciée jusqu’à atteindre le sentiment de faire partie d’un Tout ainsi que la foi et la confiance en le fait que je m’en sortirai. Et que l’épreuve, aussi difficile était-elle, avait sa raison d’être. Que c’était une étape de vie.


En somme il s’agissait de me réapproprier mon regard sur la vie. Un regard qui consiste à penser la Vie comme un (long) chemin jonché d’expériences diverses et multiples, et qui sont là pour notre croissance et élévation. Que derrière chaque expérience, il y a toujours un apprentissage, un cadeau. Que ceux-ci ne nous sont pas perceptibles au moment de faire l’expérience. Mais viendra ce moment où on se dira : « ah voilà pourquoi je devais en passer par là ! »

J’avoue ; il faut également une prise de recul et de la hauteur pour arriver à renouer avec son regard sur la vie. Et pour cela, il faut s’accorder certes du temps mais aussi de l’espace : un espace environnemental et un espace intérieur. Et s’entraîner et pratiquer.


Cette prise de recul permet à la fois d’accueillir, d’accepter notre état d’épuisement et de le considérer comme une occasion de croissance personnelle, une élévation de soi, une opportunité de se révéler telle que l’on est réellement – à l’image de la métamorphose de la chenille en papillon.


Clairvoyance et regard juste

Une fois l’acceptation faite, mon état d’esprit et mon regard sur la vie retrouvés, viennent le besoin et l’envie de se relever, de sortir de l’état de victime pour être pleinement actrice de sa vie. Pour cela, il est nécessaire d’apporter clairvoyance et discernement sur la situation et en soi.


Comme dit plus haut, on peut se sentir dans un état de confusion. A cela se mêlent les désordres au niveau de la santé physique, mentale et émotionnelle.


Il m’a fallu reconnaître tout cela et comprendre ce qui se jouait pour retrouver ma santé et ce qui m’incombait de maîtriser dans ma vie. Ce qui n’était pas une mince affaire car à mon épuisement se superposait ce qu’on peut appeler une nuit noire de l’âme. Il me fallait comprendre l’environnement professionnel dans lequel j’évoluais ; comprendre la personne que j’étais, avec ses croyances, ses valeurs, ses sensibilités ; comprendre la synergie de tout ça ; et laisser à chaque protagoniste sa part de responsabilité dans l’apparition de mon épuisement.


Dans cette étape, il s’agissait alors d’apporter un regard juste et clair face à tout ça afin de développer ensuite mon estime de moi et mon discernement.


Confiance en soi et estime de soi

Quand on observe et constate sa part de responsabilité, on est vite pris par la tentation de rejeter toute la responsabilité sur son employeur, ses cadres ou ses collègues, tant la souffrance est forte. Et il faut dire que le réflexe premier est de trouver un bourreau pour consolider sa posture de victime.


Dans la pratique de la prévention du burn-out, on affirme que le changement doit se faire au sein de l’entreprise ; celle-ci et son organisation étant identifiées comme pouvant être les causes racines d’apparition du burn-out.


Mais une entreprise est un système dynamique avec des êtres humains en son cœur. Chaque partie prenante est, à mon sens, co-responsable de l’apparition d’une souffrance au travail. Ce qui veut dire qu’on a notre propre part de responsabilité sur notre propre souffrance. Et qu’il faut donc agir à tous les niveaux, dont au niveau de l’individu.


Il s’agissait donc pour moi de me regarder, de regarder ma part de responsabilité et de l’accepter. Avoir un regard sans complaisance et libre de tout jugement sur moi, sur la situation.

Avec ce regard sur soi, la perte d’estime de soi, la perte de la confiance en soi peuvent se révéler. On peut perdre de vue toutes nos qualités, toutes nos compétences. On peut être amené à se couper de ses forces et de ses ressources.


L’étape suivante a donc été de renouer avec tout ça ; de ressentir en moi toute la richesse qui me compose, tout en reconnaissant toute la richesse de la vie. Il s’agissait de se rappeler et reconnaître que le fumier - aussi ingrat et impropre que soit sa composition – nourrit la terre, les graines, les arbres qui permettront ensuite aux plantes de donner leur plus belles fleurs et aux arbres leurs plus beaux fruits.


C’est en reconnaissant mes qualités et leur sagesse, même pour les qualités les plus sombres, que j’ai renoué et redéveloppé ma confiance et mon estime de moi-même.


Bienveillance et amour inconditionnel

Ces qualités et surtout les défauts, il m’a fallu les accueillir et les aimer. C’est l’autre point clé pour se relever du burn-out.


Selon l’éducation et la culture reçues par chacun, aimer autrui est le plus souvent ce qui nous a été inculqué. Aimer autrui, développer son altruisme, agir pour le bien de l’autre sans attendre un retour.


Cependant, on enseigne très rarement ou moins souvent le fait de prendre soin de soi, de s’aimer. Il y a même chez certain le rejet de l’amour pour soi-même (pour différentes raisons) ou la vision que c’est un acte d’égoïsme. Pour d’autre, il est considéré plus vertueux de penser aux autres et les aimer avant soi-même.


Lorsqu’on reconnait toutes ses facettes, des plus lumineuses aux plus sombres, il est bon pour soi et sa santé de les accepter et de les aimer, comme on aime un être cher. C’est l’amour bienveillant et inconditionnel.

Comment être bienveillant et aimer autrui si on ne se l’applique pas à soi-même ?


Aimer, c’est souhaiter impartialement que chaque être connaisse la satisfaction et le bonheur. C’est souhaiter que l’autre soir heureux, en sécurité, en paix, en bonne santé et que tout se passe au mieux et facilement pour elle/lui.


C’est une attitude intérieure. En tant que tel, on peut aussi diriger cette attitude pour soi-même. Si on ne s’occupe pas de soi, si on ne s’aime pas et si on n’agit pas pour son propre bien être en premier, on a tendance à s’éroder de l’intérieur.

S'aimer en premier pour mieux aimer autrui

S’aimer, c’est penser et s’occuper de son bien-être en premier, non pas par égocentrisme mais pour mieux aimer et s’occuper d’autrui. S’aimer, c’est s’apporter toute l’attention dont on a besoin et qu’on mérite.


Un aspect important dans la reconstruction de l’estime de soi est ce soin qu’on s’apporte, en totale acceptation de qui on est dans toutes ces facettes. Se verrait-on aimer son enfant plus que ses autres enfants parce qu’il a plus de qualité ou parce qu’il est plus brillant etc ? En tant que maman, je vous dis non. J’en suis incapable. Alors, je pratique l’accueil plein et entier, et l’amour inconditionnel pour tous les aspects de ma personne.


L’autre aspect primordial est le courage. Le courage de s’écouter, de se privilégier, de se positionner pour soi et pour ses valeurs quand, en face de soi, ce qui est proposé nous semble manquer de bienveillance et de compassion envers soi-même. Avoir le courage de se mettre en priorité pour sa santé est un acte d’Amour.


Un jour d’automne, lors d’une pratique méditative dans le cadre de ma formation en psychologie contemplative, m’est venue cette affirmation : « si tu restes, tu y laisseras ta peau. C’est un poison (pour toi). » Ce fut l’évidence. Celle que je ne pouvais ignorer et qu’il me fallait considérer.

Considérer le fait de quitter mon emploi. La décision n’a pas été simple à prendre – bien des croyances ont été accumulées avec les années ; les miennes comme celles de la société. Mais la priorité était ma personne, ma santé et ma raison d’être en cette vie. Quitter mon travail et le statut social qui allait avec était le geste d’Amour qu’il me fallait m’offrir.


Quand on pense à soi, quand on s’occupe de soi et quand on développe l’amour inconditionnel pour soi, on est amené à pardonner.


Pardonner aux autres personnes impliquées de façon directe ou indirecte, de façon volontaire ou involontaire dans son épuisement. Et se pardonner d’avoir « failli », de ne pas s’être écouté plus tôt quand les difficultés et la souffrance ont commencé à poindre.


Se pardonner, c’est accepter les choses telles qu’elles sont et reconnaître son incapacité à y faire face et se libérer de la souffrance que cela a suscité. Sans la phase de pardon, la phase de reconstruction n’est pas possible.


En effet, lorsqu’on souhaite reconstruire sa vie et vivre en pleine conscience comme moi, on doit pouvoir et savoir reconsidérer la situation passée avec un sentiment de paix et de sécurité. Et le pardon participe à l’atteinte de ces états d’âme et d’esprit.


Rituel et environnement de santé

En vue de ma reconstruction, il a été important à ce stade de mon cheminement de m’accorder un environnement de santé. Et cela l’est toujours et passe par la mise en place de rituels. Des rituels pour retrouver une bonne santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle.


A chacun de choisir ce qui lui convient. Il en est un qui est au cœur de chaque aspect de ma santé : la méditation et la pleine conscience.


J’ai toujours considéré la méditation comme un rendez-vous avec moi-même. Et la pleine conscience comme un état d’être qui me permet de rester connectée dans l’instant présent, tout en étant profondément reliée aux autres et au monde. Alors depuis et jusqu’à en faire un rituel quotidien, je médite et vis en pleine conscience. Je me pose en silence pour me relier à mon espace intérieur, y puiser mes forces, et être à l’écoute des aspirations de mon âme. Pour une vie alignée.


La reconstruction

Alors même que mon médecin traitant rédigeait ma 1ère déclaration d’arrêt maladie, il me demandait déjà de penser à mon avenir et à ce que je ferai.


La question était prématurée à cette période de confusion et de souffrance.


Souvent la tendance est de vouloir remonter très vite – voire trop vite – sur la selle lorsqu’on chute du cheval. Or pour savoir comment ne plus tomber, on doit d’abord soigner ses blessures si on s’est fait mal ; on doit ensuite comprendre ce qui s’est passé et identifier ses ressources pour ne plus retomber. Ou si on doit quand même rechuter, comment faire pour chuter sans trop de dégâts.


Dans le cas d’un burn-out, c’est à mon sens la même chose. Et cela prend du temps. Il faut se donner le temps. Après tout, demande-t-on a une personne qui a subi une importante fracture de marcher très vite ?


Quand le moment fut venu, pour quelqu’un comme moi, la reconstruction est passée par le réinvestissement de ma sensibilité qui s’est accompagnée des grandes douleurs.

Pour cela, j’ai tout d’abord reconsidéré et fait état de ce que je suis, de mes souhaits et de mes désirs. J’ai reconsidéré tous les aspects de ma personne, de mes expériences et mes compétences, comme on considère un objet cassé dans l’art japonais du Kintsugi en vue de la réparer et la sublimer.


Il a été aussi question de considérer le sens. Au-delà du sens du travail, il m’était primordial d’identifier le sens de l’existence, de mon existence. Il était aussi question de comprendre le pourquoi et l’apprentissage que j’avais à retenir de toute cette épreuve.

C’est seulement ensuite que la phase créative de ma nouvelle vie professionnelle s’est opérée.


Une nouvelle vie

Cette longue épreuve m’a remué jusqu’au tréfond de moi. Cela n’a pas toujours évident. Mais aujourd’hui je dis merci. Je remercie mon burn-out pour le retour à mon essence-ciel et pour la liberté d’Être que cela m’offre aujourd’hui. Pour la richesse de cette expérience.


Vous l’aurez compris, je capitalise désormais sur ma résilience et ma capacité à me relever de ce trauma. Faisant ainsi de ce dernier une capacité et un pouvoir qui me permettent de mieux comprendre la douleur des autres et de répondre à leurs besoins, tout en tenant compte de leur vulnérabilité.


C’est ainsi qu’est née et vous est proposée la méthode S.P.A.C.E, un programme dédié à la prévention du burn-out.


Vous souhaitez prendre soin de vous, vous retrouver et vous relever de votre épuisement.


Nous vous accueillons et accompagnons avec joie sur le chemin de votre résilience.


Tiana Razakazafy

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Séjour dédié à la prévention du burn-out en région Occitanie

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