• Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon
  • Black YouTube Icon
Rechercher

Avoir la vocation



Au détour de nombreuses conversations sur le thème du travail, il n’est pas rare que certaines finissent sur la sacro-sainte thématique de la vocation. A la fois mystique et quasi inexplicable, cette carte joker de la discussion est aussi pratique et parfois problématique lorsqu’elle permet d’écarter le besoin ou la souffrance qui s’exprime et qu’elle ne permet plus la nécessaire réflexion sur l’équilibre entre intention/motivation et réalité des conditions de travail.



- Tu fais quoi toi dans la vie ?

- Moi je suis enseignant.

- En primaire au collège ?

- En primaire, j’ai des CP.

- J’ai une cousine qui est instit aussi dans ma famille. Ça doit être super de travailler avec les enfants! Ils sont mignons à cet âge.

- Euh… ça dépend. C’est un peu l’idée qu’on s’en fait mais la réalité est plus complexe.

- Ah oui mais quand même c’est cool comme boulot, il y a les vacances, la stabilité de l’emploi.

- T’as déjà travaillé avec des enfants ?

- Moi ? Non c’est pas pour moi. Moi les enfants je ne les supportes pas 5 minutes alors…

- C’est pas toi qui disait que c’était cool comme boulot ?

- Oui je sais mais je ne suis pas fait pour ça moi, faut avoir la vocation.

- Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

- Enseignant c’est comme infirmière, faut avoir la vocation sinon c’est pas possible.


Stop.


Revenons un instant sur ce genre de conversation que vous avez sans doute déjà entendue si ce n’est vous même générée. Et ce n’est pas un drame, c’est juste une habitude de langage, un conditionnement collectif que nous partageons et alimentons sans nous en rendre compte. Jusqu’au moment où on devient conscient de cela.

Devenir conscient c’est déjà changer.


Pour commencer il est toujours intéressant de noter notre habitude de nous définir par le type d’activité professionnelle que nous exerçons. « Je suis enseignant », « Je suis docteur », « Je suis cadre dans l’industrie ». Nous utilisons être, un verbe particulier qui ramène à l’essence de ce que nous sommes. Il semble donc que lorsque nous parlons travail entre nous, nous parlons d’une dimension profonde de notre être, quelque chose qui touche au cœur.


Noter simplement ce que l’on observe, une habitude à prendre.


Puis viennent les représentations : « Ça doit être super de travailler avec les enfants… ». Et elles sont nombreuses. Par manque de temps ou de curiosité, on construit autour de nous des images d’Epinal rassurante sur des pans entiers de la société, en particulier dans le monde du travail. Avec la curiosité d’un enfant qui a soif de découvrir, nous devrions plus interroger le monde, aller voir, se faire une idée. Chaque partie de la société est un vaste monde déployant son propre univers. Se réfugier dans les clichés est un manque de respect pour nous-même et les autres.


La pleine conscience, c’est un regard curieux qui investigue et qui scrute sans préjugé.


Et finalement, lorsqu’on ne sait plus ce qui fait qu’un travail va fonctionner ou pas, on se raccroche à cette croyance répandue que nous devrions être appelés (sûrement par une voix divine) à faire tel ou tel métier ; car au fond, ça ne peut être que qu’une telle force qui nous fait tenir. N’est-ce pas un peu bizarre et facile qu’il suffirait de répondre à un tel appel pour fonctionner sans problème. Lorsque nous disons cela, prenons-nous en compte toutes les dimensions de notre vie. Si certains sont « appelés » et pas d’autres, où se trouve le libre arbitre ? Et surtout, lorsqu’on est « appelé » par sa vocation, faut-il du coup tout accepter ?


Il n’y a pas de solution simple, nous avons besoin de temps et d’espace pour tout concevoir.


Le travail n’a pas à être un sacerdoce. C’est un équilibre à co-consctruire soi-même en tant qu’individu qui s’engage dans l’activité professionnelle mais aussi au niveau de la structure qui doit intégrer les vulnérabilités de chacun et les besoins en terme de conditions de travail et de formation. S’en remettre à la simple vocation c’est une croyance parmi tant d’autres et qui se révèle souvent limitante …


Nicolas Brun

14 vues

My SPACE, une création MINDFUL SPACE SAS

Séjour dédié à la prévention du burn-out en région Occitanie

Tel: 0626728270, contact.web.myspace@gmail.com

©2023 by myS.P.A.C.E. Fièrement propulsé par Wix.com

Mentions légales

Conditions générales de vente

Dossier de presse